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Tout le monde (grand public)

Article de l'Usine Nouvelle

Par Hassan Meddah - Publié le 08 septembre 2014, à 10h31

Salle de montage et test satellite sur le site TAS de Cannes 
© Thales Alenia Space

ANALYSE  Faut-il rapprocher les activités satellites de Thales Alenia Space et d'Airbus Defence & Space ? Certains y voient un moyen de faire émerger un champion mondial quand d’autres préfèrent le maintien d'une coexistence organisée préservant les deux systémiers.

L’échec des satellites Galileo, la révolution de la propulsion électrique, la capacité d'Arianespace à résister à son concurrent SpaceX... Lors de la Satellite Business Week, un événement qui réunit à Paris du 8 au 12 septembre le gratin de l‘industrie spatiale, les débats ne manqueront pas. Dans les coulisses, un autre sujet pourrait également s’imposer : le rapprochement entre les industriels Thales Alenia Space (TAS) et Airbus Defence & Space.

L’idée a été relancée en juillet dernier par le délégué général à l’armement : "Je ne pense pas qu'on soit capable de maintenir deux filières strictement séparées. C'est complètement illusoire" avait alors indiqué Laurent Collet-Billon. La fusion des deux entreprises donnerait même naissance à un champion mondial avec environ 4 milliards d'euros de chiffres d'affaires, juste derrière le géant américain des satellites Lockheed Martin.

 

L’idée n’est pas neuve et agace les dirigeants des entreprises concernées. "Ce sujet, c' est le monstre du Loch Ness. L'Europe se pose la question depuis 20 ans. Depuis on est passé de deux à trois maîtres d'oeuvre européens avec l'apparition de l'allemand OHB !", rétorque pour sa part Jean-Loïc Galle, PDG de Thales Alenia Space.

Toutefois le contexte n’a jamais été aussi propice à un rapprochement des deux entreprises qui conçoivent et assemblent leurs satellites dans leurs salles blanches principalement situées en France, à Toulouse et à Cannes.

DES BUDGETS SOUS PRESSION

D’une part, l’Europe spatiale est en plein doute et a conscience qu’elle doit prendre des mesures radicales pour redresser sa compétitivité. L’arrivée de l’américain SpaceX avec ses lancements à prix cassés et l’arrivée des premiers satellites à propulsion électrique bouleversent le paysage commercial et technologique spatial. Au point que les principaux industriels qui fabriquent Ariane ont déjà réagi : Airbus group et Safran ont décidé un rapprochement inédit de leurs activités spatiales (bureaux d'études, usines...), espérant même être rejoint par Arianespace. Certains appellent donc à une réaction similaire du côté des fabricants de satellites.

D’autre part, vu la crise économique qui frappe les états européens, les budgets publics alloués au spatial sont sous pression. Une consolidation mettrait fin à une dispersion des financements des grands programmes technologiques entre les deux chefs de file européens. Ainsi pour rattraper le retard face au concurrent Boeing dans le domaine des satellites à propulsion électrique, le CNES, l'agence spatiale française, a versé autant à Thales Alenia Space et à Airbus Defence & Space pour les aider à adapter leurs plateformes existantes. En février, c’était l’agence spatiale européenne (ESA) qui partageait plus de 18 millions d'euros entre les deux industriels dans le cadre du programme Neosat des satellites de télécommunications du futur. "Quand l'argent manque, on peut se demander si cette duplication des investissements est encore soutenable", critique un spécialiste du secteur.

Toutefois certains préfèrent une coexistence organisée entre les deux fabricants plutôt qu'un rapprochement. Ils y voient plusieurs avantages. D’abord, les deux entreprises ont montré qu’elles pouvaient additionner leurs forces pour gagner des contrats à l’exportation. En juillet 2013, l'ex-Astrium et TAS ont remporté face aux Américains un contrat de plus de 700 millions d'euros pour livrer deux satellites espions aux Emirats Arabes Unis. Le premier fournit la plateforme des deux satellites, le second les technologies optiques de haute performance. Plus globalement, les deux acteurs européens cumulent une part de marché mondial plus qu'honnête : entre 30 et 40% du marché mondial des satellites.

MISE EN CONCURRENCE

Cette coexistence bénéficie aux grands clients institutionnels (agences spatiales, ministère de la Défense,…) et opérateurs privés européens. Ils peuvent mettre en concurrence les deux groupes pour obtenir le meilleur rapport qualité prix. Ainsi, par le passé, le ministère de la Défense ne s’est pas privé de mettre en compétition ses deux fournisseurs pour faire baisser drastiquement le prix de ses satellites militaires.

Enfin, la dimension sociale est incontournable dans ce dossier. En cas de fusion, les syndicats craignent un bain de sang social dans ce secteur qui emploie environ 8000 ingénieurs et techniciens. Les deux entreprises sont en effet présentes sur les mêmes marchés avec les mêmes produits."Airbus group et Thales Alenia Space sont en concurrence frontale sur les appels d'offres. Les doublons sont à tous les niveaux. Une fusion menacerait de fermeture un des trois principaux sites français", estime Thierry Préfol, délégué syndical central CFE-CGC pour Airbus Defence & Space.

La capacité des deux entreprises à remporter des contrats sur le nouveau marché des satellites électriques et les résultats de leurs plans de redressement de leur compétitivité seront déterminants pour savoir si elles doivent unir leur destin ou non.

Hassan Meddah

 
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Article de La Tribune

De gauche à droite, Marwan Lahoud - Airbus, Fabrice Brégier - Airbus, Jean-Bernard Lévy - Thales, Patrice Caine - Thales, Olivier Andriès - Turbomeca.

De gauche à droite, Marwan Lahoud - Airbus, Fabrice Brégier - Airbus, Jean-Bernard Lévy - Thales, Patrice Caine - Thales, Olivier Andriès - Turbomeca. (Crédits : DR)

Michel Cabirol  |  08/09/2014, 5:00  -  1681  mots

La plupart des groupes aéronautiques et de défense ont changé de tête en deux ans. Le mouvement pourrait continuer. À coup sûr chez Safran, peut-être aussi chez Nexter et MBDA. A l'ombre des "Big boss" en place, toute une génération de quadragénaires sont prêts à prendre le pouvoir. Certains l'ont même déjà pris.

En deux ans, les organigrammes des groupes de l'industrie aéronautique et de défense française ont profondément évolué. Des patrons historiques et charismatiques comme l'inoxydable Charles Edelstenne (Dassault Aviation) et Louis Gallois (Airbus Group), l'icône politico-médiatique du Tout-Paris, ont été rattrapés par leur âge. Ils ont donc été contraints de quitter leur fonction pour laisser leur fauteuil à Éric Trappier (janvier 2013), qui sera à n'en point douter le PDG du premier contrat export du Rafale, et à Tom Enders (mai 2012), l'homme qui a transformé Airbus Group. Cet ancien protégé du premier coprésident d'EADS, Manfred Bischoff (expatron de DASA), a quant à lui laissé le manche d'Airbus à Fabrice Brégier mais en limitant au minimum les marges de manœuvre de ce dernier, considéré aujourd'hui comme l'un des grands industriels français du moment.

D'autres groupes comme Thales, Airbus Helicopters, Renault Trucks Défense (RTD), Defence Conseil International (DCI) et plus récemment le constructeur de turbopropulseurs ATR (filiale à parité entre Airbus Group et Finmeccanica) et le groupe naval DCNS ont également fait évoluer leur gouvernance avec l'arrivée de nouveaux PDG : respectivement Jean-Ber-nard Lévy (décembre 2012), Guillaume Faury (avril 2013), Stefano Chmielewski (novembre 2013), Jean-Michel Palagos (décembre 2013), Patrick de Castelbajac (juin 2014) et Hervé Guillou (juillet 2014). Des nominations qui ont privilégié plutôt l'expérience qu'une nouvelle génération de patrons quadragénaires, à l'exception notable de Patrick de Castelbajac (43 ans), l'homme qui monte dans le groupe Airbus, et de Guillaume Faury (46 ans), qui doit faire digérer à Airbus Helicopters son incroyable croissance.

 
 

La présidence de Safran aiguise les appétits

Ce profond changement n'est pas encore achevé, avec le prochain départ de Jean-Paul Herteman, dont le mandat à la tête de Safran se termine lors de l'assemblée générale de 2015 (mai/juin). Après avoir songé à rempiler - pour cela il devait faire évoluer les statuts -, le PDG de Safran semble s'être résigné, faute d'avoir eu un feu vert du gouvernement, à partir à la retraite après avoir mené son groupe vers des sommets en termes de chiffres d'affaires et de profitabilité. Il pourrait quitter le groupe après l'annonce des très bons résultats 2014 (sauf accident). Une sortie par le haut.

En coulisse, en interne comme à l'externe, de nombreux candidats sont déjà dans les starting-blocks. Chez Safran, quatre candidats rêvent de lui succéder, selon plusieurs sources concordantes : Olivier Andriès (PDG de Turbomeca), Ross McInness (finances), Philippe Petitcolin (président de Sagem) et Christian Streiff, vice-pré-sident du conseil d'administration de Safran et ancien PDG de PSA. À l'extérieur, deux noms se détachent déjà, ceux de Pascale Sourisse (Thales) et de Marwan Lahoud (Airbus Group), selon les observateurs de ce milieu. Résultat des courses avant la fin de 2014. Mais tout dépendra aussi de la nouvelle gouvernance mise en place avec le départ de Jean-Paul Herteman : PDG, ou directeur général cornaqué par un président du conseil.

Bouvier (MBDA) et Burtin (Nexter) fidèles à leur groupe

Dans ce maelström, deux PDG ont été pour l'heure épargnés par ce profond changement parmi leurs pairs : Antoine Bouvier (MBDA) et Philippe Burtin (Nexter). Arrivé en 2007 à la tête du missilier européen, Antoine Bouvier commence toutefois à avoir des envies d'ailleurs. Sollicité par l'État pour DCNS, il s'était tenu, bon élève qu'il est, en réserve de la République. Ce qui n'était pas toutefois réellement une promotion pour lui... En revanche, un éventuel départ de Marwan Lahoud, par ailleurs président du Groupement des industriels français de l'aéronautique et du spatial (GIFAS), vers des cieux plus en rapport avec ses ambitions, pourrait l'inciter à sortir du bois. Tout comme Jean-Pierre Talamoni, le directeur du développement international d'Airbus Group et fidèle bras droit de Marwan Lahoud. De tous les bons coups commerciaux d'Airbus Group, cet intuitif devra convaincre Tom Enders de ce qu'il peut apporter au géant de l'aéronautique.

De son côté, Antoine Bouvier, considéré comme un bon industriel, a enfin appris à se frotter et à se familiariser avec les arcanes du pouvoir. Ce qui était jusqu'ici sa faiblesse. De l'Élysée à Brienne en passant par le Quai d'Orsay, il est aujourd'hui reconnu comme le champion de la coopération franco-britannique notamment. « Il a su donner une dimension politique forte à la tête de MBDA, leader européen des missiles, en plaçant l'entreprise au cœur des enjeux stratégiques, diplomatiques et militaires français : dissuasion, défense antimissile, relations avec l'Inde et les pays du Golfe, pilier de la coopération européenne », explique-t-on au sein du groupe. Seul bémol, sa vision de la politique industrielle dans la défense (coopération européenne et autofinancement de programmes) diffère de celle de Tom Enders, qui ne croit pas aux programmes européens et ne veut prendre aucun risque financier sur les programmes de défense.

Pour sa part, Philippe Burtin, qui a marché dans les pas de Luc Vigneron, a poursuivi avec succès le redressement de Nexter, devenu rentable sous sa présidence. Seul souci, les difficultés récurrentes que rencontre le groupe d'armement terrestre sur les marchés export. D'où le rapprochement avec le groupe familial Krauss-Maffei Wegmann, champion des ventes à l'international (80 % de son chiffre d'affaires réalisés à l'export en 2011). Mais l'Élysée, qui regarde ce rapprochement avec beaucoup d'appétit, a mis Philippe Burtin sous étroite surveillance, selon nos informations. Est-il l'homme idoine pour mener et réussir cette opération... À lui de le démontrer, alors que son mandat s'achève en octobre 2015.

Les patrons pour demain... sont déjà là

À l'ombre de ces grands patrons en place, la relève est déjà là. C'est vrai pour Olivier Andriès (52 ans) qui a des chances de succéder à Jean-Paul Herteman. Il a pour lui des succès chez Turbomeca et son parcours chez Airbus puis Safran. Il pourrait toutefois être handicapé par une vieille affaire de délit d'initiés d'anciens hauts responsables d'EADS (2006), qui avaient été blanchis en 2009 par l'Autorité des marchés financiers (AMF). Un procès se tiendra du 3 au 24 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris. Pour sa part, Éric Béranger (51 ans), dont le parcours était jusqu'ici rectiligne, filait vers les sommets au sein d'Airbus Group. Nommé PDG d'Astrium Satellites fin 2012 après avoir mis sur orbite la start-up Astrium Services, il a été l'une des grandes victimes de la réorganisation d'Airbus Defence & Space, qui a beaucoup contrarié ses ambitions. Mais cela ne pourrait être qu'un léger contretemps, in fine...

En revanche, le numéro deux de Thales, Patrice Caine (44 ans), sous les projecteurs depuis l'arrivée de Jean-Bernard Lévy à la tête du groupe d'électronique, est en pleine ascension. Beaucoup en interne estiment qu'il devrait un jour succéder à Jean-Bernard Lévy. La question est de savoir quand. Car ce pur produit de Thales, qui fait actuellement tourner la boutique - il est en charge des opérations et de la performance - , a pour lui de connaître le groupe par cœur et de fédérer autour de lui les équipes de l'électronicien. À lui maintenant de tenir la distance et d'éviter les chausse-trappes.

Ce qui est sûr, c'est qu'il a désormais pris une longueur d'avance sur Pierre-Éric Pommellet (51 ans), qui rêvait de succéder à Patrick Boissier à la tête de DCNS. Mais Thales a décidé de ne pas présenter de candidat maison. Une déception, bien que Pierre-Eric Pommellet, très fin politique, ait encore du temps devant lui. Chez Airbus Group, le secrétaire général d'Airbus Marc Fontaine, qui a été retenu par la manche par Fabrice Brégier alors qu'il lorgnait ATR, devra penser un jour à sa propre carrière s'il ne veut pas nourrir des regrets... Enfin, François Provost (46 ans), actuellement PDG de Renault Samsung Motors (RSM), une filiale du constructeur français en difficulté qu'il est en train de redresser, mène une très belle carrière chez Renault. Il pourrait un jour revenir dans le secteur de la défense. Lui qui avait été le conseiller industrie du ministre de la Défense, Alain Richard.

Le bel avenir annoncé des "jeunes pousses"

D'autres, plus jeunes, sont tout autant promis à un bel avenir, et qui sait s'ils ne s'assiéront pas un jour dans le fauteuil du « big boss ». Ces « jeunes pousses » sont souvent mises en compétition à l'intérieur des groupes. Une émulation naturelle... C'est le cas chez Safran où Jean-Paul Herteman a nommé en mai 2013 dans certaines filiales du groupe toute une série de jeunes prometteurs : Bruno Even (46 ans), diplômé de Polytechnique (1987) et de SupAéro (1992), nommé directeur général de Sagem ; Martin Sion (45 ans), diplômé de l'école Centrale de Paris (1990), à la tête d'Aircelle ; mais aussi une femme, Hélène Moreau-Leroy (49 ans) PDG d'Hispano-Suiza. Nommé directeur de la stratégie, Éric Dalbiès (46 ans), diplômé de l'École polytechnique (1987) et de SupAéro (1992) en fait également partie.

Dominique Giannoni (45 ans), actuellement patron des activités IFE (multimédia de cabine) en Californie, est quant à lui un des futurs grands dirigeants de Thales. Il conduit l'intégration des activités IFE avec Live TV, une société américaine achetée au premier semestre. Sans doute le successeur naturel de Michel Matthieu à la tête des activités aéronautiques de Thales. C'est aussi le cas de Christophe Farnaud (46 ans), ancien du cabinet de Villepin à Matignon. Directeur des relations institutionnelles de Thales ces deux dernières années, il a été promu en mai patron de la zone Afrique. C'est l'un des futurs successeurs de Pascale Sourisse.

Enfin chez MBDA, Florent Duleux (46 ans), l'un des vendeurs clés de systèmes de missiles au Moyen-Orient (Émirats arabes unis et Qatar), une zone stratégique pour les exportations de défense, est également promis à un bel avenir.

 
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Article du Monde

Le ministre allemand de l'économie préfère que KMW fusionne avec le leader allemand du secteur, Rheinmetall, avec qui il fabrique les chars Leopard et Puma, qu'avec le français Nexter.    Mais les actionnaires KMW préfèrent s'associer à un Français qu'à leur concurrent allemand.
Si Sigmar Gabriel, le ministre de l'économie et président du parti social-démocrate (SPD) tient ses promesses, l'Allemagne devrait, dans les années à venirexporternettement moins d'armes. Elle pourrait aussi compter moins d'acteurs dans ce secteur.

Vendredi 5 septembre, à l'issue d'une première rencontre avec des responsables patronaux et syndicaux du secteur, le ministre de l'économie, à qui il revient d'accorder ou non les autorisations d'exportation de matériel militaire, a confirmé sa politique.

LA LOI EST « CLAIRE »

Hors pays de l'OTAN et de l'Union européenne« les exportations d'armes sont en principe interdites ». Les autorisations doivent être exceptionnelles.

Si la loi allemande est « claire » selon lui, il admet que ses prédécesseurs n'ont pas tous été aussi regardants. L'Allemagne serait même devenue le troisième exportateur d'armes, derrière les Etats-Unis et la Russie« Mais le monde a totalement changé », explique Sigmar Gabriel.

Le contrat de coalition signé entre la CDU, la CSU bavaroise et le SPD comporte deux engagements « pas facilement compatibles », selon le ministre : il réitère l'interdiction d'exporter des armes de guerre hors de l'OTAN et de l'Union européenne, sauf si les intérêts de l'Allemagne sont menacés, mais il entend que l'industrie allemande de la défense reste « innovante et compétitive ».

 

700 DEMANDES D'AUTORISATION À L'ÉTUDE

Sigmar Gabriel a déjà mis en œuvre le premier point. Au printemps, il a interdit l'exportation d'un centre de formation militaire que Rheinmetall s'apprêtait à vendreà Moscou pour plus de 100 millions d'euros.

Pourtant les sanctions européennes contre la Russie ne sont pas supposéesconcerner les accords déjà conclus.

Les services de Sigmar Gabriel sont actuellement en train d'étudier 700 demandes d'autorisation d'exportations. Il est probable qu'un certain nombre seront rejetées, ne serait-ce que parce qu'une centaine concerne la Russie.

D‘ailleurs, malgré son soutien affiché à Kiev, l'Allemagne refuse même d'exporterdes gilets pare-balles à l'armée ukrainienne car ceux-ci sont considérés comme du matériel militaire, au même titre qu'un fusil d'assaut.

AIDES À LA RECONVERSION

Reconnaissant que sa politique va entraver le développement de ce secteur – qui emploie, selon les définitions, entre 20 000 et 100 000 personnes – le ministère dispose d'une enveloppe de 10 millions d'euros pour aider les entreprises à sereconvertir dans le secteur civil.

Le ministre a également évoqué des aides aux PME émanant de la KfW, la Caisse des dépôts allemande.

Surtout, il veut favoriser « une consolidation à l'échelon national et à l'échelon européen ».

POUR UNE UNION NATIONALE DANS LES CHARS

Or il se trouve que la deuxième entreprise du secteur, Krauss-Maffei Wegmann (1,1 milliard d'euros de chiffre d'affaires uniquement dans le secteur de la défense) a annoncé son intention de fusionner avec le français Nexter.

A la fois pour limiter la concurrence et, dit-on, pour profiter des licences d'exportation françaises plus faciles à obtenir.

Sigmar Gabriel préférerait que KMW fusionne avec le leader allemand du secteur, Rheinmetall avec qui il fabrique les chars Leopard et Puma.

Mais les actionnaires KMW préfèrent s'associer à un Français qu'à leur concurrent allemand.

Lire aussi : Mariage franco-allemand dans l'armement terrestre

S'il affirme avoir le soutien d'Angela Merkel, Sigmar Gabriel n'en est pas moins critiqué par une partie de la CDU qui l'accuse de mettre en danger un pan de l'industrie allemande.

 

 

 
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Article Des Echos d'Olivier Garrigos

Dassault, DCNS, Nexter, Safran, Thales… toutes ces compagnies majeures de l’industrie de Défense de notre pays sont en Inde pour une raison bien simple : l’Inde est devenue le premier importateur mondial d’armes

Dassault, DCNS, Nexter, Safran, Thales… toutes ces compagnies majeures de l’industrie de Défense de notre pays sont en Inde pour une raison bien simple : l’Inde est devenue le premier importateur mondial d’armes, représentant 14 % des importations entre 2009 et 2013 selon le Stockholm International Peace Research Institute.

Le pays est devenu le premier client des États-Unis et continu à être le plus important de la Russie. Jusqu’à la fin de la Guerre froide, l’Inde importe près de 80 % de son matériel militaire, pour la plupart russe, avec néanmoins quelques touches françaises comme avec l’Ouragan et le Mirage 2000 de Dassault ou encore des missiles tels que le Milan. En revanche, la part des ventes d’armes françaises en Inde durant la Guerre froide ne dépasse pas les 5 % du total des importations d’armes du pays.

Avec la fin de la Guerre froide, l’Inde voit son principal fournisseur rencontrer des difficultés et va donc se tourner vers d’autres pays comme en autres Israël, la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, pour satisfaire ses besoins.

De plus, cette période est aussi marquée par la libéralisation de l’économie indienne, événement qui va voir la naissance d’une économie à forte croissance. Enfin, suite a au conflit dans les montagnes de Kargil en 1999 avec le Pakistan, de nombreuses déficiences dans le matériel militaire furent soulignées, certains hauts gradés indiens n’hésitant pas à estimer que l’Inde ne pourrait soutenir une guerre soutenue de plus de 20 jours.

De nombreuses réformes furent alors entreprissent, notamment la libéralisation du secteur de la Défense en 2002, jusqu’à lors détenu par des entreprises publiques et l’autorisation de l’investissement direct étranger à hauteur de 25 % (il est récemment passé à 49 %).

Les institutions du Ministère de la Défense Indien en charge des décisions stratégiques, comme les futures acquisitions, furent aussi remaniées. Finalement, le budget consacré à la modernisation fut considérablement augmenté, passant de 12 milliards d’euros en 2000 à 27 milliards d’euros pour l’année 2014-2015. Il est estimé que dans les années à venir, l’Inde dépensera plus de 80 milliards de dollars pour sa Défense.

Le gâteau indien est donc important et nombreux sont les pays souhaitant leur part, car les Indiens ont des besoins multiples : dans l’Aviation de nouveaux chasseurs de combats, hélicoptères, dans la Marine de nouveaux sous-marins, frégates, porte-avions et dans l’Armée de Terre de nouveaux tanks, véhicules légers, artillerie... la liste est longue.

Nos entreprises ont toutes leurs chances en Inde, tout d’abord puisque certaines d’entre elles à l’instar de Dassault ou de Safran y sont déjà depuis un certain temps. Ensuite parce que notre pays entretient de bonnes relations avec l’Inde, relations qui se sont réchauffées dans les années 1990 avec la signature d’un partenariat stratégique qui inclut la Défense comme aspect majeur.

De plus, notre savoir-faire est mondialement reconnu, la France étant le 5e exportateur mondial d’armes et étant capable de fournir de l’armement de haute technologie que cela soit dans le domaine maritime, terrestre ou aérien.

De récents contrats comme celui remporté par DCNS pour la construction de 6 sous-marins Scorpène ou les contrats répétés de Sagem pour l’installation pour l’aviation indienne de systèmes de navigations démontrent un atout technologique indéniable et surtout un lien de confiance durable. Nexter concourt aussi actuellement avec Elbit pour un contrat de 3 milliards de dollars pour la livraison de 1 480 canons de 155 mm à l'Armée indienne.

Le contrat historique en cours de négociations entre Dassault et Hindustan Aeronautics portant sur la construction de 126 avions de combat multi-role (Medium Multi-Role Combat Aircraft) évalué à plus de 10 milliards de dollars est aussi un signe fort, Dassault ayant remporté ce dernier face à des poids lourds du secteur tels que General Dynamics et Eurofighter. Il ne faut cependant pas oublier les PME, 4 000 en France dans le secteur de la Défense, qui bénéficient elles aussi de tels contrats.

Si le marché de la Défense indienne est actuellement l’un des plus importants, il est néanmoins de plus en plus difficile d’accès, car le gouvernement indien a décidé de favoriser la production locale, qui n’est actuellement que de 30 % pour 70 % d’importations.

Ce favoritisme se traduit par une politique d’offsets obligatoire pour les achats directs d’équipements étrangers (à hauteur de 30 % du montant de l'acquisition) ainsi que pour les équipements achetés et produits en Inde à travers un transfert de technologie. La lenteur du déroulement des contrats, la corruption et le budget de Défense insuffisant, malgré son augmentation constante, sont aussi des freins à l’investissement étranger.

Il n’en reste pas moins que la France est actuellement le 3e fournisseur d’armes à l’Inde d’après une récente annonce du gouvernement indien en août 2014, les États-Unis et la Russie occupant les premières places. Les entreprises françaises de Défense se sont donc trouvé une belle place sous l’eldorado indien, mais ces dernières sont très convoitées et il serait bien dommage de les céder.


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-107900-linde-nouvel-eldorado-pour-les-entreprises-de-defense-francaises-1036403.php?vMy1p0cXiAlJTOSy.99
 
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Article de La Tribune, de Michel Cabirol

 

Les industriels français sont en compétition pour quatre grands appels d'offre en Pologne : 70 hélicoptères de transport Caracal et 32 d'attaque Tigre (Airbus Helicopters), trois sous-marins Scorpène (DCNS) et huit systèmes de défense aérienne SAMP/T (MBDA et Thales).

 

C'est ce lundi que s'ouvre le salon MSPO Expo à Kielce (Pologne) premier rendez-vous de la rentrée pour les industriels de la défense du monde entier après la trêve estivale. Un rendez-vous très important pour les industriels tricolores, qui sont engagés dans trois campagnes commerciales d'envergure : renouvellement de la flotte d'hélicoptères de transport (70 appareils), puis d'attaque (32) des forces armées polonaises, acquisition d'un système de défense aérienne et, enfin, de trois sous-marins à propulsion conventionnelle. Un rendez-vous toutefois compliqué pour la France en raison de la crise ukrainienne qui doublonne avec la livraison des deux Bâtiments de commandement et de projection (BPC) de type Mistral (DCNS) à la Russie.

Pour autant, les industriels de l'armement français ont remis de belles propositions pour convaincre Varsovie de s'offrir enfin des matériels tricolores. Et les Polonais ont vraiment tout à gagner sur le volet industriel à choisir du "Made in France". Car pour les séduire, les industriels français ont joué à fonds le jeu de la coopération industrielle. Souvent bien plus que leurs rivaux américains (défense aérienne) et allemands (sous-marins). Aussi bien Airbus Helicopters que DCNS et le GIE Eurosam (MBDA et Thales) ont inclus dans leur offre une participation industrielle substantielle des groupes de défense polonais à condition bien sûr de remporter les contrats. Enfin, il est très improbable que la Pologne ne choisisse pour les trois compétitions que des groupes tricolores, qui se livrent donc entre eux à une rivalité franco-française acharnée.

Face à la crise ukrainienne, le gouvernement polonais a décidé d'accélérer un certain nombre d'opérations d'acquisitions. C'est le cas pour les hélicoptères d'attaque et le système de défense aérienne de moyenne portée. Auparavant, Varsovie avait décidé de lancer un plan très ambitieux de modernisation de son armée (2013-2022) et a prévu de consacrer 33,6 milliards d'euros pour la rééquiper. Contrairement aux autres pays européens, la Pologne, membre de l'Otan depuis 1999 et de l'Union européenne depuis 2004, n'a rien sacrifié de son budget Défense à la crise. En vertu d'une loi de 2001, ce budget reste fixé à 1,95 % du PIB. En 2014, il s'élève à 32 milliards de zlotys (7,7 milliards d'euros), dont plus du quart est consacré à la modernisation. Récemment, le président polonais Bronislaw Komorowski s'est engagé à porter le budget défense de son pays à 2 % du PIB.

Airbus Helicopters a misé gros sur la Pologne

La compétition : l'armée polonaise souhaite acquérir 70 hélicoptères de transport pour un montant estimé entre 2,5 et 3 milliards d'euros. "C'est le contrat de la décennie en Europe", estime-t-on chez Airbus Helicopters. Les trois compétiteurs - l'italien AgustaWestland (AW149), Airbus Helicopters (Caracal ou EC725) et l'américain Sikorsky (S-70) - doivent remettre fin septembre leur proposition. Une décision est attendue fin 2014, voire début 2015. La compétition se jouerait entre le Caracal et le S-70, explique-t-on à La Tribune. Les PDG d'Airbus Helicopters (Guillaume Faury) et de Turbomeca (Olivier Andriès) feront lundi une conférence commune.

Ce que propose Airbus Helicopters : Après avoir pris du retard à l'allumage en Pologne, le constructeur franco-allemand a mis les gaz pour rattraper ses concurrents partis plus vite et déjà bien installés en Pologne. La filiale d'Airbus Helicopters souhaite que la Pologne devienne l'un de ses piliers pays au même titre que la France et l'Allemagne. Ainsi, le PDG d'Airbus Helicopters Guillaume Faury compte jouer la carte européenne et démontrer que cet appel d'offres peut déboucher sur des partenariats plus globaux. "Nous sommes convaincus de la capacité d'Airbus Group de proposer des produits mais aussi d'offrir l'opportunité pour l'industrie polonaise de prendre part à un rôle plus important, de participer à l'avenir à des programmes d'envergure, que ce soit des programmes militaires ou civils, que le groupe Airbus lance et développe par nature", avait expliqué son PDG, Guillaume Faury, lors du salon de Farnborough en juillet.

Dans le cadre de la campagne stratégie, le constructeur basé à Marignane a signé en 2013 un accord industriel avec le polonais WZL 1. Cette entreprise basée à Lodz et spécialisée dans la maintenance aéronautique assemblera le Caracal si le constructeur franco-allemand gagne la compétition. De son côté, le motoriste et partenaire d'Airbus Helicopters dans cet appel d'offre, Turbomeca (groupe Safran), installera également une chaîne d'assemblage pour les turbines de l'EC725. Safran a pour sa part une usine implantée à Sedziszow Malopolski dans le sud-est de la Pologne (Hispano-Suiza) et qui emploie plus de 500 personnes. Elle produit des pignons et des carters pour les transmissions de puissance et fait le montage. Elle produit des composants pour moteurs d'avions, d'hélicoptères et de nacelles.

En outre, l'armée polonaise a véritablement découvert les qualités de l'EC725 présenté par Airbus Helicopters à Kielce en 2012. Elle s'est montrée très intéressée par cet appareil, qui correspond bien à ses besoins opérationnels et qui a fait ses preuves au combat (combat proven) en Afghanistan, en Libye et au Mali même si dans ce pays du Sahel, les turbines ont souffert. Mais en règle général, l'EC725 s'est très bien comporté sur tous ces théâtres d'opération. Mieux en tout cas que les deux autres appareils en compétition.

Ce que propose la concurrence : AgustaWestland et Sikorsky ont également des accords industriels avec des groupes polonais s'ils remportent la compétition. Le groupe italien a racheté en 2010 l'usine de PZL à Swidnik (sud), qui produit des hélicoptères Sokol utilisés dans les opérations de sauvetage, la lutte contre les incendies et le transport, notamment militaire. Ils sont vendus en Pologne, en République tchèque et en Corée du Sud. Sikorsky Aircraft produit, quant à lui, dans son usine de Mielec (sud) sa nouvelle version de l'hélicoptère Black Hawk, S70i, destinée à l'exportation.

Extraballe : Pour ce qui ont perdu, une seconde chance d'offre à eux. Le ministère polonais de la Défense polonais a lancé début juillet un programme d'achat d'hélicoptères (une trentaine), estimé à près d'un milliard d'euros. Il pourrait équilibrer leur choix, comme au Qatar (hélicoptères de transport pour la France, d'attaque pour les Etats-Unis); Le lancement de cette opération a été avancé de quelques années à la suite de la crise en Ukraine. Airbus Helicopters concourt avec le Tigre contre l'Apache de l'américain Boeing et l'AW-129 Mangusta d'AgustaWestland. Les constructeurs intéressés avaient jusqu'au 1er août pour manifester leur volonté de participer à une étude du marché. Une demande d'informations (RFI) sera lancée mi-octobre et un appel d'offre (RFP) est attendu en 2015.

MBDA et Thales, l'offre qui ne se refuse pas ?

La compétition : la Pologne prévoirait de consacrer un budget de plus de 6 milliards jusqu'à 2022 à l'acquisition d'un ensemble de systèmes de missiles de courte et moyenne portée (défense aérienne). Le volet moyenne portée (programme Wisla) devrait s'élever à 4 milliards d'euros pour huit batteries. Et le match oppose l'industrie américaine (Raytheon avec le Patriot) à celle d'Europe (MBDA/Thales via le GIE Eurosam avec le système SAMP/T armé de missiles Aster 30).

Thales et Raytheon ont été retenus fin juin par Varsovie comme les deux seuls candidats encore en lice. Les offres du gouvernement israélien et du groupe américain Lockheed Martin n'ont pas été retenues. La Pologne devra donc choisir entre un achat sur étagère (États-Unis) et une coopération industrielle poussée avec l'Europe. Le PDG de MBDA Antoine Bouvier, et le numéro deux de Thales Patrice Caine feront une conférence commune à Kielce pour présenter leur offre, qui sera remise avant la fin du mois de septembre (offre définitive et ferme).

Ce que proposent MBDA et Thales : Bon élève, Eurosam a collé au plus près des demandes de la Pologne. Ainsi, le GIE propose le système SAMP/T, un système européen déjà opérationnel dans les pays de l'OTAN, donc compatible Alliance atlantique. Le SAMP/T bénéficie des dernières technologies, dont la capacité ATBM. En Turquie, faut-il rappeler qu'il est arrivé en deuxième position derrière le système chinois CPMIEC (China Precision Machinery Import-Export Corp.) mais devant les américains Lockheed Martin/Raytheon (PAC-3). Et comme les Polonais ont suivi avec beaucoup d'attentions le déroulement de cette compétition, le système SAMP/T a toutes ses chances en Pologne si l'on évacue le volet politique d'un tel appel d'offre.

D'ailleurs, ce sont les Polonais eux-mêmes qui ont demandé à Eurosam de concourir alors que le GIE n'avait pas été invité à participer en 2013 au dialogue technique. Clairement, les Polonais veulent aujourd'hui un système très vite opérationnel. Ce qui n'était pas le cas au début de la compétition. L'effet Ukraine ?

MBDA et Thales proposent un partenariat de haut niveau à la Pologne via un transfert de technologies (Tot) très élevé qui concerne aussi bien le missile que les fonctions Commande et Controle, les radars, les lanceurs et les communications (développement, production, intégration, tests, maintenance, formation...). Ce qui induira des milliers d'emplois à la clé pour Varsovie selon le degré du ToT négocié in fine. Ils proposent aussi un partenariat sur le long terme avec l'industrie polonaise, notamment la possibilité de rejoindre la feuille de route Aster grâce à la modernisation du système (Aster B1NT).

Si Eurosam gagne le contrat, les industriels français signeront des partenariats avec les groupes polonais Bumar PIT Radwar, Mesko et HSW filiales de la holding Polska Grupa Zbrojeniowa (PGZ). Des déclarations d'intention (Letter of Intent) ont déjà été signées. Thales a déjà une coopération étroite avec Radmor sur les postes de radio PR4G fabriqués en Pologne, ou encore la technologie IFF qui fait l'objet d'une coopération entre Thales et Radwar.

Enfin, les deux partenaires au sein d'Eurosam donnent, contrairement aux Américains, la maîtrise totale du système. Soit une indépendance opérationnelle de l'armée polonaise. Au-delà, la France propose un partenariat stratégique avec un choix d'un système européen pour participer à la construction de l'Europe de la défense et ne pas reposer uniquement sur les Etats-Unis.

Ce que propose Raytheon : Le groupe américain propose le système Patriot tel qu'il est, déjà déployés dans le nord de la Pologne, qui a en revanche spécifié que cet appel d'offre était indépendant du déploiement en 2018 d'un bouclier antimissile par les Etats-Unis. Les deux pays ont signé début juillet un accord sur la mise en place d'un bouclier antimissile révisé, malgré les objections de la Russie. Cet accord permet aux deux pays de stationner des intercepteurs de missile américains en territoire polonais afin de défendre le pays contre d'éventuelles menaces de l'Iran ou d'autres parties du monde.

DCNS, un travail de longue haleine pour convaincre Varsovie

La compétition : Varsovie veut acquérir dans le cadre du programme ORKA trois sous-marins pour un montant de plus de 1,8 milliard d'euros, dont le premier doit être livré en 2019, puis en 2022 et 2030. DCNS postule avec le Scorpène mais ThyssenKrupp Marine Systems AG (TKMS) reste le favori avec les U212A. Navantia (S-80) et les Coréens devraient également participer à la compétition. Longtemps, Varsovie a voulu procéder à une opération de gré à gré avec TKMS mais les Polonais y ont renoncé pour se conformer à la réglementation européenne.

Ce que propose DCNS : Le groupe naval a travaillé sur une offre très compétitive. DCNS propose notamment à la Pologne d'équiper les Scorpène du nouveau missile de croisière naval (MdCN) développé par MBDA. C'est clairement un plus par rapport aux offres concurrentes, notamment allemande. En outre, DCNS a offert à la Pologne, contrairement à TKMS, un transfert de technologies (ToT) ambitieux. C'est dans ce cadre que le groupe a signé en juillet un partenariat avec le groupe polonais MARS-Nauta, portant sur la construction et l'entretien en Pologne de sous-marins.

 
Tout le monde (grand public)

Du blog FOB :

A noter que la normalisation est maintenant au programme du cours armement de l'EMSST.

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L’Europe de la défense est notoirement à la traine, pourtant une intéressante initiative a été lancée il y a peu, sous l’impulsion de l’Agence Européenne de Défense (AED) et mérite que l’on en parle. Il s’agit du projet EDSTAR (European Defence Standards Reference System), visant à harmoniser les normes de défense entre les militaires et industriels européens.

De quoi s’agit-il ? Tout le monde se souvient des difficultés rencontrées par l’A400M pendant la phase d’industrialisation. Disposer de normes communes entre tous les pays européens participants au programme aurait très certainement réduit de manière importante ces tracas et délais. Les enjeux sont, on le comprends, importants. Et même s’il ne s’agit pas d’un programme emblématique, le projet est porteur et doit, même si c’est par  « le bas », participer à la construction d’une Europe de la défense en souffrance.

Ainsi EDSTAR apparaît être une étape absolument essentielle pour tout programme industriel commun ou même une opération militaire menée par des pays européens.

 

Avoir les mêmes normes, c’est parler le même langage.

 

L’harmonisation dans les procédures industrielles de développement et de production, quand les sites sont éparpillés en Europe, est essentielle. Mais pas seulement ! Si l’Europe veut se doter d’une armée commune, les soldats et leurs matériels doivent pouvoir se parler, être compatibles, interopérables, afin de pouvoir mener des actions conjointes, mais aussi être en mesure de soutenir une force multinationale déployée. On le comprend aisément, il ne peut y avoir d’armée européenne sans des standards communs.

Bien sûr, l’OTAN est déjà une source importante d’harmonisation des normes entre les pays membres, avec de nombreux « stanag ». Reste que ces stanag sont trop souvent vagues, généraux, nécessitant de nombreux documents d’applications techniques. Résultat, chaque pays a recours à la fois à ses propres normes nationales, en plus de celles internationales (AFNOR, CND, CEN, OTAN…). Bref, un vrai casse-tête pour tous les acteurs défense.

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EDSTAR, déjà opérationnel

 

En 2011, sous l’impulsion de la Commission européenne, l’AED lance le projet EDSTAR. Très vite, la vingtaine de groupes d’experts européens se mettent à l’œuvre, les représentant industriels ou militaires experts présentent les meilleurs normes dans leurs domaines, confrontent, clarifient, identifient et font des choix afin d’élaborer une base de données, qui servira de référence à tous les pays européens. Sur plus de 10 000 normes défense identifiées de tous types, seules 1900 sont retenues. Mais l’initiative EDSTAR ne s’arrête pas là, outre le toilettage et l’identification des normes les plus pertinentes par secteurs, les experts identifient également les domaines lacunaires et expriment des besoins qui aboutiront à l’élaboration de nouvelles normes.

 

EDSTAR est ainsi une structure favorisant l’harmonisation européenne, les bonnes pratiques, et promouvant des guides normatifs. En bref, une interface coordinatrice entre la sélection des normes importantes comme « bonnes pratiques » et l’expression des besoins.

Opérationnelle depuis le début d’année, cette initiative EDSTAR a déjà fait l’objet de nombreux travaux, pas moins d’une dizaine sont en cours (traitement des obsolescences, NRBC, dépollution des eaux usées en opérations…). Un groupe européen de coordination vient d’être créé sous l’impulsion de l’AED: le Defence Standardisation Coordination Group (DSCG); il  va récupérer les besoins ainsi exprimés pour les affecter aux bonnes structures de normalisation (l’AED ne produisant pas de normes). Sachant que de plus en plus, les normes civiles sont préférées car sources d’économies pour les pays.

 

Aujourd’hui EDSTAR offre déjà une base de normes en anglais et en libre accès, accessible par n’importe qui depuis le site de l’Agence européenne de défense référencées par secteurs et mots clefs (cliquez ici). Seuls les documents complets et détaillés sont en accès réservés aux Ministères des défenses européennes. Autre avantage, ces références sont accompagnées des rapports des travaux des comités d’experts, fournissant de précieux conseils d’utilisation des normes et standards référencées.

Un sujet peu évident mais essentiel, une avancée utile et concrète vers la construction d’une défense européenne.

 

 
Avatar Xavier Boute
par Xavier Boute, mercredi 23 juillet 2014, 08:22
Tout le monde (grand public)

Dans cette analyse publiée le 22 juillet sur le site de l'RIRIS, Edouard Pflimlin retrace les évolutions historiques qui ont conduit le Japon à se positionner sur le marché de l'armement tout en identifiant les enjeux géopolitiques qui en découlent.

Cliquer le lien http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article9918 pour ouvrir la ressource.
 
Avatar Xavier Boute
par Xavier Boute, mardi 15 juillet 2014, 13:32
Tout le monde (grand public)

D'après le blog "secret Defense" (à qui nous souhaitons un bon anniversaire), le ministre de la Défense souhaiterait que la DGA devienne une agence.

Lire l'article ici.

Quels changements en attendre ?

Voir aussi l'article des Echos à ce sujet : une agence ? Un EPIC ?

 

[ Modifié: mardi 15 juillet 2014, 14:49 ]
 
Tout le monde (grand public)

Institute for securities studies du 4 juillet 2014

It is easy to overlook the fact that many of the products and technologies we use on a daily basis – and now take for granted – have their origins in the defence sector. GPS navigation units, the internet, touch screens, digital cameras, and even microwaves, were all, in one way or another, invented and developed in the defence field and paid for out of defence budgets. The reverse is also true, however, with a number of commercially designed products and technologies now being employed in the realm of security and defence.

The term ‘dual-use’ has since emerged as a label which reflects these increasingly blurred lines. At a policymaking level, dual-use is seen as a means to address general decreases in defence expenditure across the European continent, market fragmentation, rising technology costs and fierce international competition. The hard truth is that Europeans are finding it increasingly difficult to sustain investment in the defence sector. Eurostat, for example, calculates that the EU28 allocated only 5.11% of their total research and development (R&D) budgets to defence in 2012. Additionally, ASD Europe estimates that out of the total €128 billion worth of sales in the aeronautics sector, only €46 billion was generated by military-related projects. For those firms with both defence and commercial arms, commercial R&D and sales are therefore increasingly essential to their competitiveness.

 
Avatar Xavier Boute
par Xavier Boute, mardi 8 juillet 2014, 11:14
Tout le monde (grand public)

Blog du monde diplomatique : 4 juillet 2014

Les armes, on le sait, ne sont pas des marchandises comme les autres. A quelques exceptions près – comme le fameux et quasi-universel fusil d’assaut de feu M. Kalachnikov – elles sont produites et diffusées sur une base nationale, sur décision politique, et sur financement d’un Etat, quitte ensuite à essayer d’en amortir les coûts de développement grâce à des ventes à l’export. Un commerce donc, mais soumis à de lourdes contingences politiques et réglementaires, qui sont parfois détournées. Exemples…

 

  
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